La conférence donnée samedi dernier à la chapelle des Pénitents par l’artiste plasticien Éric Vassal, né en 1961 à Paris, a offert une exploration limpide et accessible du dialogue fécond entre peinture et photographie. Photographe, sculpteur, peintre, graveur et commissaire d’exposition, Eric Vassal développe depuis plus de vingt-cinq ans une œuvre qui interroge la relation entre l’image, l’architecture et l’espace environnant, souvent à travers des installations monumentales ou des démarches in situ. Formé auprès de Stanley William Hayter et du sculpteur César, il a longtemps travaillé comme illustrateur et graphiste pour de grands quotidiens avant de se consacrer pleinement, dès 1998, à sa création plastique. Durant son intervention, il a montré comment la photographie a servi d’outil d’étude pour Degas, de modèle de cadrage pour Manet, de langage moderniste pour Stieglitz, de laboratoire expérimental pour Man Ray, de source directe pour la peinture mimétique chez Estes, de matériau conceptuel pour Richter et de médium scénographique pour Jeff Wall. À travers ces exemples, il a démontré que peinture et photographie se sont constamment nourries l’une de l’autre : la photographie a poussé la peinture vers l’abstraction, la subjectivité, la couleur et le geste, tandis que la peinture a offert à la photographie ses modèles de composition, de lumière et de mise en scène. Aujourd’hui, la frontière entre les deux médiums est largement poreuse : artistes, écoles et ateliers travaillent sans cloisonner les pratiques, intégrant la photographie et la peinture comme des langages complémentaires au service de formes hybrides et d’une réflexion renouvelée sur la représentation, l’authenticité et la mémoire visuelle. Spécialisée mais d’un accès très naturel, la conférence d’Éric Vassal a su rendre ce vaste sujet à la fois clair, vivant et stimulant.

