Des Gorges et du Chocolat pour l’amitié en Caldagués
On entre dans les Gorges du Tarn comme on pousse une porte ancienne : sans bruit, avec un léger frisson, en sachant que quelque chose va se passer. La barque glisse, presque timide, sur l’eau claire. À l’avant, un batelier — un enfant du pays, un vrai. Il connaît chaque anfractuosité de la roche, chaque souffle d’oiseau, chaque remous qui trahit la présence d’une truite. On sent qu’il a grandi ici, que les gorges sont pour lui une seconde peau. Les parois se resserrent. Les fameux Détroits apparaissent comme un secret qu’on aurait mérité. On avance dans ce couloir minéral où l’eau semble plus limpide qu’ailleurs, comme si elle avait décidé de se montrer sous son meilleur jour. Depuis la fin du XIXᵉ siècle, les barques à fond plat suivent ce même chemin, portées par les mêmes gestes, les mêmes histoires transmises de père en fils. Puis, presque sans transition, le récit bascule vers une autre tradition, plus gourmande, mais tout aussi enracinée. À Banassac, non loin de la Canourgu...