Rémi Uchéda (né en 1969) est un artiste plasticien, sculpteur et performeur français. Diplômé des Écoles des Beaux-Arts de Nîmes et de Montpellier, il partage sa vie et son travail entre Paris et l'Aveyron. Sa démarche artistique se déploie autour de deux axes complémentaires :
La sculpture industrielle : En détournant des structures métalliques, du bois ou du caoutchouc, l'artiste dépouille les matériaux de leur fonction utilitaire pour façonner des objets énigmatiques. Ses œuvres interrogent l'architecture, l'équilibre et la manière dont les objets conditionnent nos comportements.
La performance corporelle : À travers des dispositifs d’« adhérence » ou de contrainte physique (bandes adhésives, mobilier détourné), il met le corps à l'épreuve. Avec la complicité de danseurs ou de participants, les corps s'agrippent, luttent et s'adaptent, transformant l'action en une empreinte à la fois plastique et sonore. Il explore ainsi la notion de posture, tant au sens physique que social et politique, questionnant la place de l'individu dans son environnement.
Dans le cadre de son exposition en plein air à Chaudes-Aigues, orchestrée par le CLAC (Collectif Libre d'Art Contemporain), Rémi Uchéda opère un déplacement significatif dans sa pratique. Ici, point d'image fragmentée ni de surface illusionniste : l'artiste donne l'exclusivité aux volumes. Ce choix marque un récentrage esthétique, tout en prolongeant ses interrogations sur l'espace et la perception du réel.
Plutôt que de détruire la fonction des objets, Rémi Uchéda la suspend et la rend incertaine. Ce faisant, il met à nu les systèmes de contraintes et les normes qui sous-tendent notre environnement construit.
Au fil de sa déambulation, le promeneur caldaguès découvrira dans le quartier du Par un andaineur (machine agricole) revisité par l’artiste, ainsi que son bouquet de piquets. En investissant l'espace public — notamment la place au Beurre et les abords de la Source du Par —, Rémi Uchéda réinvente notre quotidien et prolonge le dialogue artistique au cœur même des rues du village, jusqu’à fin septembre.
« Aux beaux jours, Chaudes-Aigues devient le centre du monde de l’art d’aujourd’hui », glisse-t-il dans un sourire, saluant au passage l'engagement des bénévoles qui font vivre cette initiative.