Sylvain Guéguen, une passion et des casques.

 


Sylvain Guéguen a la passion dans la peau. Chez lui, ce n’est pas une formule : c’est une manière d’être, une énergie qui le taraude et l’accompagne depuis l’enfance. Boulanger à Huparlac, en Aveyron, il nourrit depuis toujours un intérêt profond pour l’histoire, et plus particulièrement pour ces éléments silencieux qui ont traversé les conflits : les casques militaires.

Tout petit déjà, il suivait sa mère dans les musées consacrés aux guerres. Là, au milieu des vitrines, un objet l’attirait plus que les autres : le casque. De la Première Guerre mondiale à la guerre du Golfe, il en explore les formes, les matériaux, les usages. Aujourd’hui, sa sélection compte plusieurs dizaines de piéces, chacune chargée d’une mémoire qu’il s’attache à préserver.

Pour enrichir cet ensemble, Sylvain fouille les brocantes, scrute Internet, mais surtout s’appuie sur les réseaux de collectionneurs. « J’ai commencé quand un casque valait dix francs. Maintenant, un élément ordinaire tourne autour de 100 euros. Les raretés peuvent grimper à 2 000 ou 4 000 euros. Il faut savoir se retenir », glisse-t-il avec un sourire lucide.

Récemment, il présentait à Lieutadés une exposition itinérante où ses couvre-chefs guerriers étaient mis en lumière. Au-delà de ces rendez-vous, Sylvain intervient aussi dans les collèges, auprès des classes de quatrième et troisième. Ses objets deviennent alors des supports pédagogiques : les élèves touchent, observent, questionnent. « C’est concret pour eux. Ils comprennent mieux ce qu’ils étudient », explique-t-il.

Son approche se veut strictement historique. Les armes sont neutralisées, les pièces replacées dans leur contexte. Quelques visiteurs, parfois mal informés, peuvent interpréter la démarche de travers, mais Sylvain relativise : « Ils sont très minoritaires. La plupart entendent parfaitement ce que je fais. »

Toujours disponible pour échanger, il accompagne les villégiateurs, raconte l’anecdote derrière chaque objet, partage ce qui l’anime. Tenues, documents, bibliographie : l’installation, soutenue par le comité des fêtes Capujadou, offre un ensemble complet. Malgré un soleil intraitable ce jour-là, l’exposition a suscité un véritable intérêt.

Sylvain Gueguen poursuit ainsi, avec constance et passion, son engagement pour la transmission de l’histoire. Ses casques ne sont pas de simples pièces de collection : ce sont des fragments de mémoire qu’il s’attache à faire vivre.

 



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