Charles Lanners (1922-1944) était une figure de la Résistance française pendant la Deuxième Guerre mondiale. Originaire du Luxembourg, il a grandi en France. Durant l’Occupation, il s’engage dans la Résistance en Haute-Auvergne (région du Mont Mouchet et de Chaudes-Aigues), et rejoint les maquis des forces françaises de l’intérieur (FFI).
En raison de notre habitude de fréquenter certains endroits régulièrement, nous avons tendance à oublier les détails qui les rendent uniques. Combien de Caldagués pourraient nommer l’homme inscrit sur la stèle au dessus de la piscine, sans doute très peu ? Les derniers véritables événements, les plus récents de l’histoire de la ville thermale, remontent à la Seconde Guerre mondiale. Et plus particulièrement en juin 1944, lorsque les Allemands ont occupé la ville pendant plusieurs jours. Ils n’avaient pas apprécié l’embuscade du Pont Rouge.
Qui se souvient encore de Charles Lanners ? Probablement personne. Il ne subsiste de lui que ce granit gravé, fleuri chaque mois de juin. Charles Lanners fut l’un des protagonistes des événements tragiques de 1944. Il est né à Paris le 9 août 1922, orphelin. Il est recueilli, ainsi que sa sœur, par sa tante. À l’arrivée des Allemands à Paris, il entre dans la Résistance et rejoint le maquis d’Auvergne, quittant sa fiancée et sa famille.
Le 20 juin 1944, Charles Lanners prit part à la bataille du Pont Rouge. Désigné pour évacuer les blessés vers l’hôpital de campagne établi à Maurines. Il parcourt le chemin sans encombre. Il a l’intention de retourner à Védrines, car il sait qu’il y a d’autres blessés qui ont besoin d’aide. En passant par Chaudes-Aigues, il aperçoit les Allemands et réalise qu’il ne peut pas aller plus loin : ses compagnons d’armes ont cédé sous la contrainte nazie.
Il abandonne précipitamment son véhicule pour se réfugier dans le café Chabrillac, devenu l’Office du tourisme. Les Allemands ouvrent le feu sur le véhicule. L’homme, depuis le café, souhaite riposter, mais le propriétaire l’en dissuade en l’incitant à fuir par l’arrière. Il cède et décide de rejoindre Maurines, où il devrait retrouver son unité. Il reprend la route nationale, mais à la sortie de Chaudes-Aigues, il est touché par une salve de mitraillettes provenant d’une automobile allemande.
Il restera toute la journée sur le bord de la route à l’endroit exact où il a été tué. Les Allemands ne le déplaceront pas avant le lendemain. C’est le frère Béguy, directeur de l’école libre, le frère Moncera et monsieur Pellegry, banquier, qui pourront l’enterrer près de la chapelle de Notre-Dame.
Le 29 septembre 1944, son corps sera exhumé en présence d’un sergent et de deux soldats, dont l’un reconnaît formellement Lanners : c’était son ami. Ce jour-là, son corps sera déposé dans la chapelle des pénitents et quarante-huit heures plus tard inhumé dans le caveau du maire, Mr Barbés. Charles Lanners avait 22 ans au moment de ce tragique jour de juin. Il restera un oublié de l’histoire, dont le sacrifice, ainsi que celui de milliers d’autres, a fait l’histoire et a reconquis notre liberté. Grâce à un document de Jean Carriére, nous avons pu reconstituer les derniers instants de Charles Lanners afin que les caldagués ne passent plus, indifférents, devant la stèle. Ils emprunteront le chemin Charles Lanners, récemment créé depuis la stèle jusqu’à la rue Sainte-Élisabeth, afin de ne pas oublier ce héros.

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