Chez les Pradenc il existe un vieux fonds pour le commerce :
tous les enfants d’Yvonne et Joseph sont dans la profession et plus
précisément celle de la limonade. Cet atavisme a poussé le plus
jeune Hervé à « travailler » dans la boutique familiale
dès qu’il a su compter. Après avoir poursuivi dans l’affaire
paternelle pendant 10 ans, une envie de retour à leurs racines,
Hervé et son épouse décident de rentrer en Auvergne. Ils passent
deux années à Cournon avant de s’en retourner fondamentalement en
Caldaguès où Joseph et Yvonne ont leurs habitudes de retraités.
Ils viennent de reprendre le bar du Remontalou, place du gravier. Le
temps de relooker l’espace et d’y apposer leur patte décorative
Angélique et Hervé sont désormais prêts à accueillir une
clientèle locale en hiver, thermale et touristique à la belle
saison. Avec un café à 1 euro, ils ont figé le petit noir à
ce tarif symbolique. Le couple va ajouter le mot « Snack »
à son activité. Restauration rapide et service à l’aune. Ils
veulent proposer une spécialité maison : le Saint-Nectaire
chaud dont bien évidemment ils ne nous dévoileront rien ou presque.
Du Saint-Nectaire, le secret réside dans son choix, chaud accompagné
d'une pomme de terre et de charcuterie. Dit ainsi cela n’a l’air
de rien, mais décrit par le patron la recette devient appétissante,
prend toute sa saveur. Un genre de raclette à déguster... Hervé
n’ira pas plus loin dans ses précisions. On pourra manger en
terrasse ou en salle : salade, croque-monsieur, assiette de
charcuterie, rien que des produits du terroir estampillés
« Remontalou », ce à toute heure de la journée. Une
« renaissance du Remontalou » comme l’affirmera un
client de ce café emblématique de la place du gravier pour
découvrir et apprécier quelques bonnes idées d’Angélique et
Hervé.
Au cœur des étables à Caleden — Jean‑Luc Girod, l’œil qui respire l’Aubrac
Professionnel jusqu’au bout des doigts, Jean‑Luc Girod mène sa vie de photographe entre deux mondes : la ville, où il travaille et la campagne, où il retrouve son oxygène. Cet oxygène porte un nom : l’Aubrac. Il y a vingt‑six ans, une simple randonnée familiale a tout fait basculer. « Nous avions marché de gîte en gîte et l’Aubrac s’était imposé à moi, rude, lumineux, fascinant », confie‑t‑il. C’était en l’an 2000. Depuis, ce territoire est devenu son refuge, son atelier intérieur, au point qu’il y vit désormais une partie de l’année, dans le hameau de Saint‑Urcize. Là, derrière les pierres de granit de la vieille fermette, au coin du feu, il rêve, imagine, prépare les images à venir. Après avoir patiemment saisi les saisons qui balayent ces terres rudes comme l’écir, Jean-Luc Girod a ressenti le besoin d’aller plus loin : mettre en lumière les femmes et les hommes de l’Aubrac, ceux qui vivent au rythme des bêtes, du froid, du vent, de la patience. Beaucoup sont devenus des a...
