Corentin Cros un fondu de cloches
Les
cloches pour bovins, bien plus que de simples ornements folkloriques,
sont des outils de travail essentiels pour les éleveurs,
particulièrement en zone de montagne. Elles allient tradition,
utilité pastorale et savoir-faire artisanal. Corentin Cros après
des études agricoles sanctionnées par les diplômes idoines, a
dévié de son chemin le jour où il s’est intéressé aux
accessoires au cou des cavicornes. Si l’image d’Épinal nous
montre des vaches parées de sonnailles pour le plaisir des yeux,
leur nécessité reste avant tout technique : dans le
brouillard, la forêt ou les reliefs accidentés, le son permet au
berger de retrouver ses bêtes sans les voir. Le tintement éloigne
certains prédateurs et signale la présence du troupeau aux
randonneurs ou aux chasseurs. Lors de la transhumance,
les plus belles clappes, portées sur des colliers en cuir brodés,
célèbrent la montée ou la descente de l’Estive.
Il existe deux grandes familles de « cloches » que l’on distingue par leur mode de fabrication. C’est un art de précision qui diffère radicalement selon que l’on façonne une sonnaille (en tôle) ou clarine (en bronze). C’est un mélange fascinant de force brute et de finesse acoustique. Chaque bête finit par reconnaître le « timbre » des cloches de ses congénères, ce qui aide à maintenir la hiérarchie sociale au sein du troupeau. Une cloche n’est rien sans ses accessoires : le battant en fer est suspendu à l’intérieur dont Corentin sait régler le son. Le Collier (ou Courroie) : Traditionnellement en peau de vache épais, il est souvent orné de boucles en laiton et de broderies colorées. C’est la tâche du bourrelier, que notre homme a appris sur le tas. Il bosse le cuir, le frappe ou le peint, le grave, l’agrémente et rend le bovidé unique. Notre artisan, pour ne pas dire artiste, nous montre différents épidermes ouvragés. Vient également la boucle dorée ou brut, élaborée ou sobre. Le cuir lui doit être de qualité pour résister au temps et aux multiples agressions atmosphériques : pluie, soleil, voire neige. Corentin possède sa technique, sa manière de présenter l’objet, de rehausser le tégument par son travail de poser ses initiales, le signe de reconnaissance du créateur bourrelier. Le collier, ou la courroie, est bien plus qu’une simple attache : c’est le vecteur de l’identité du troupeau et un accessoire de sellerie-maroquinerie de haute solidité. Pour supporter le poids du carillon (parfois plus de 5 kg pour les modèles de fête) et les mouvements brusques de l’animal, l’exercice doit être irréprochable. Le monde des cloches relève de l’artisanat d’art. Certaines pièces de fonderies célèbres, comme Devouassoud à Chamonix ou les Suisses, sont de véritables éléments de collection dont les prix peuvent grimper à plusieurs centaines, voire de milliers d’euros selon la rareté et la décoration. Corentin possède une technique infaillible. Il utilise exclusivement du cuir de bovin tanné qui rend la matière extrêmement solide, peu élastique et résistant à la moiteur des pâturages. Il choisit des dermes de 4 à 6 mm d’épaisseur. Il découpe Les bandes à la largeur de l'anse de la cloche. Arrondit les angles pour éviter de blesser le cou de l'animal. C’est ici que le bourrelier exprime son talent. On distingue deux styles principaux : Le repoussage : On humidifie le support pour y frapper des motifs en relief à l’aide de matoirs (fleurs de montagne, initiales, têtes de vaches). L’application de couleur : Les décors sont couramment peints à la main avec des teintures spécifiques. Le collier doit pouvoir se régler et perpétuer des décennies, bien entretenu peut durer plus de 20 ans.
Corentin utilise de la bouclerie en laiton massif, car il ne rouille pas et brille au soleil. Il exécute la couture au point de sellier, c’est la suture la plus solide au monde. Le renfort, aux endroits de friction s’ajoute souvent une doublure ou une consolidation en cuir pour éviter l’usure prématurée. Les éleveurs suivent un rituel précis : le nettoyage pour enlever la sueur de l’animal. Le nourrissage, consiste à étendre une graisse pour garder le chorion souple et imperméable. Le stockage obéit à des règles : toujours suspendre l’anse à plat dans un endroit sec. La cloche et son encolure ras de cou deviennent dans la sphère agricole des objets de décoration, de souvenirs, de cadeau d’anniversaires ou de collection. Génère aussi une réelle passion chez certains, la preuve ci-dessus.
Contacts 06.32.63.49.01 Courriel Clochesandco@gmail.com


