La 12e édition du Festival itinérant « Par Monts et par
Mots », proposée par la Direction de l’action culturelle du
Conseil départemental en lien avec les médiathèques cantaliennes,
a posé sa dernière séance en caldagués. Dans
ce cadre et en partenariat avec la bibliothèque de Chaudes-Aigues,
la compagnie l’« Aire du Jeu » présentait « Album
en Balade », des textes de Marie-Hélène Lafon, au Café
Costeroste. Disons le tout de suite les spectacles proposés « par
monts et par mots » sont toujours d’une grande qualité. Le
reste est affaire de goût : on aime ou pas. Ce n’est pas
cette soirée du 24 mars qui dérogera à cette règle. La douillette
ambiance du lieu et l’accueil
chaleureux par Marinette et Jean Claude promettaient de beaux
instants littéraires. Les deux comédiennes s’accordent comme
larron en foire. Elles tiennent comptoir, se promènent dans la salle
au milieu des « clients ». Un public happé dès les
premiers mots. Sylvia
Folgoas et Danièle Douet
donnent
à entendre des textes issus de « Liturgie »
et d’« Album »,
l’abécédaire de Marie-Hélène Lafon. Elles offrent la
petite musique d’une interprétation au plus prés de l’original,
précise, épurée, dans une déambulation entre improvisation et
gestuelle au cordeau. L’écrit servi comme on l’aime, à point,
sans afféterie. Dialogue entre relations et observations comme seule
Marie-Hélène Lafon les pose sur la page blanche de la vie rurale
avec ses microcosmes inconnus, voire obscurs. Avec Joseph, Jeanne,
le cochon, la vache... on rejoint le Jules Renard des « histoires
naturelles » : la description précise, le mot juste, la
respiration à l’aune, la diction épurée, l’humour et l’ironie
jamais bien loin. Actrices et auteur entrent en symbiose. L’auditeur
est conquis. On oublie que tout est écrit, troublé par tant de
sensibilité. Un moment de partage. Une « lecture », à
voix haute qui chamboule le rapport traditionnel au livre, plus
proche, collectif, festif ou intime à l’émotion blottie dans ce
café pas comme les autres… L’après-spectacle
a permis la rencontre avec les comédiennes, autour d’une part de
fouace avec une lichette de cidre, moment privilégié quand la
soirée se prolongeait... Les absents ont eu bien tort, mais ils
pourront se rattraper en empruntant les livres de Marie-Hélène
Lafon disponibles à la médiathèque.
Madame Laveissiére fête ses 100 ans.
Atteindre cent ans avec autant de vivacité, de curiosité et d’élégance est un privilège rare, et Marie-Louise Boyer l’incarne avec une grâce qui force l’admiration. Elle naquit à Pierrefort le 17 juin 1926. Elle y passe son enfance et sa jeunesse. En 1949 elle épouse Maurice Laveissiére, instituteur, originaire d'Oradour. Le couple s’installe, pour raison professionnelle, à Chaudes-Aigues dans les années 1950. Son mari occupe le poste d’enseignant à Saint-Martial puis à Chaudes-Aigues. Madame Laveissiére prendra place derrière le guichet du bureau de poste et deviendra receveuse. La famille a d’abord habité une maison en bordure du Remontalou en lieu et place de « la brocante ». Puis Maurice bénéficiera d’un logement de fonction au collège avant d’aménager dans leur résidence construite à la cité Saint-Michel dans les années 1960. Un garçon Bernard, et deux filles Lucette et Dany naissent dans cet ordre. Aujourd’hui la centenaire compte cinq petits enfants et huit arriè...

