Nous ne rappellerons pas ici le principe des granges-galerie qui se
déroulent à La Roche Canilhac sur la commune de
Saint-Rémy-de-Chaudes-Aigues. Les organisateurs, « la bande à
Basile », ne mettait pas tous les œufs dans le même panier et
proposait à un public élargi d’autres motifs de visite. Le
minotier répondait présent avec en plus de sa machine un pétrin
adapté ainsi qu’un four mobile dans lequel il cuisait quelques
panons. Le sabotier, lui, tournait à l’envi des socques que
d’aucuns achetaient pour y ranger stylos et crayons, un plumier
original. On assistait à des démonstrations d’art floral
également. Des accordéonistes à l’abri de la chaleur jouaient
sous l’auvent du lavoir. On trouvait toutes sortes d’articles :
vaisselle, jouets et râteaux, chaises ou tables, vélos. Bref un
vide-grenier. En plus une sculpteure de ballons amusait les enfants
et une carriole transportait un panier bien garni dont le jeu
consistait à deviner le poids en donnant une pièce de deux euros.
Se tenaient une buvette et des accordéons en exposition, une calèche
dans laquelle on pouvait monter pour une promenade. On cuisait
surtout du pain au four dont le succès n’est plus à démontrer :
quelque deux cents tourtes furent préparées et vendues. Dans la
plus pure tradition. Et puis la journée se terminait par quelques
agapes solidement ancrées à un aligot saucisses. Rien de bien
miraculeux direz vous, certes mais un public apaisé et des
animations simples qui satisfaisaient le plus grand nombre. Enfin
Vital Gendre, le maire, ne gâchait pas son plaisir de retrouver ses
administrés dans la bonne humeur.
Et bien dansez maintenant à Intergénération
Tout a commencé le 21 octobre dernier, une soirée où plusieurs curieux se retrouvaient comme attirés par un élan identique, pour une première immersion dans l’univers vibrant de la danse traditionnelle, dite volontiers « trad ou folklorique ». Elle porte en elle la mémoire des villages, des saisons, des noces et des veillées. Elle circule de génération en génération comme un souffle ancestral, un fil invisible qui relie les êtres. Ici, point de scène ni de projecteurs : cette chorégraphie est avant tout un geste partagé, un cercle qui s’ouvre, une chaîne qui se constitue, une ligne qui avance au même rythme. Elle s’inculque par le regard, par l’imitation, par la joie simple d’être ensemble. « Je reproduis tout ce que l’on m’a appris », confie Joëlle Manenq, la formatrice, ancienne adhérente, depuis l’âge de cinq ans, de la Bourrée de Paris, elle a rapporté en Lozère un savoir patiemment transmis, qu’elle fait aujourd’hui rayonner à travers le projet « Dansons à Fournels »...


