Nous ne rappellerons pas ici le principe des granges-galerie qui se
déroulent à La Roche Canilhac sur la commune de
Saint-Rémy-de-Chaudes-Aigues. Les organisateurs, « la bande à
Basile », ne mettait pas tous les œufs dans le même panier et
proposait à un public élargi d’autres motifs de visite. Le
minotier répondait présent avec en plus de sa machine un pétrin
adapté ainsi qu’un four mobile dans lequel il cuisait quelques
panons. Le sabotier, lui, tournait à l’envi des socques que
d’aucuns achetaient pour y ranger stylos et crayons, un plumier
original. On assistait à des démonstrations d’art floral
également. Des accordéonistes à l’abri de la chaleur jouaient
sous l’auvent du lavoir. On trouvait toutes sortes d’articles :
vaisselle, jouets et râteaux, chaises ou tables, vélos. Bref un
vide-grenier. En plus une sculpteure de ballons amusait les enfants
et une carriole transportait un panier bien garni dont le jeu
consistait à deviner le poids en donnant une pièce de deux euros.
Se tenaient une buvette et des accordéons en exposition, une calèche
dans laquelle on pouvait monter pour une promenade. On cuisait
surtout du pain au four dont le succès n’est plus à démontrer :
quelque deux cents tourtes furent préparées et vendues. Dans la
plus pure tradition. Et puis la journée se terminait par quelques
agapes solidement ancrées à un aligot saucisses. Rien de bien
miraculeux direz vous, certes mais un public apaisé et des
animations simples qui satisfaisaient le plus grand nombre. Enfin
Vital Gendre, le maire, ne gâchait pas son plaisir de retrouver ses
administrés dans la bonne humeur.
Deux artistes peintres pour un été, rue Saint‑Jacques
Comme chaque été, la médiathèque ouvre ses cimaises aux talents de l’atelier intergénération. Cette année, ce sont Mireille et Marie‑Claude qui ont l’honneur d’habiller les murs de la bibliothèque. Lorsque le journaliste arrive, il ne s’attend pas à être réquisitionné pour participer à l’accrochage des œuvres sur « les grilles ». Le voilà pourtant embarqué dans une chorégraphie improvisée avec ces deux dames qui observent, commentent, ajustent… et sourient avec le renfort solidaire de Véro, la médiathécaire. Très vite, un mystère s’installe. Impossible de savoir qui a peint quoi. Un clown malicieux, une guitare posée comme un souvenir, des paysages enneigés, des jonquilles éclatantes, un perroquet bavard, des poissons multicolores, une fenêtre aux volets bleus, une gondole glissant sur Venise, des gouttes suspendues… Rien ne trahit la main de l’une ou de l’autre. L’interrogatoire tourne court : leurs réponses sont des sourires, leurs silences des complicités. Ont‑elles décidé de...


