Vous étiez tous simplement conviés, membre ou pas de l’association,
à retrouver les veillées d’autrefois à la salle Beauredon.
Intergénération organise ces soirées où l’on cause des gens et
du pays en ouvrant la mémoire locale avec la vôtre. Dans
le cadre de ces échanges transgénérationnels, chaque commune
orchestre une rencontre à thème au cours de la mauvaise saison.
Chaudes-Aigues confectionne des crêpes. Espinasse grille des
poignées de châtaignes. Jabrun décline les pommes. Lieutadés
prépare des galettes. Ceux qui veulent uniquement jouer à la
belote le peuvent. D’aucuns s’entretiennent de la fuite du temps
dans leur coin. Samedi dernier, donc les crêpes à point, fines,
garnies de confitures, garanties « bio » sollicitaient
les papilles. Le cidre, entre deux, lâchait ses bulles. Impossible
de résister à une pâte moelleuse, juste saupoudrée de sucre,
concoctée avec affabilité par quelques adhérentes. De ne pas
craquer. Obligation reste de s’adjoindre dans ces cas-là de bons
compagnons, fins gourmets, convives enthousiastes, dans un
environnement détendu et de circonstance comme toujours en
l’occurrence. Une veillée tranquille comme rarement rencontrée,
toute en quiétude. Roger Jack et Ludo voyageaient dans la culture
musicale locale avec chants, danses et autres antiennes du cru pour
échauffer l’ambiance de la soirée.. À l’issue vint le tirage
de la tombola avec une centaine de lots pour satisfaire le plus grand
nombre. La variété prévalait avec des paniers garnis, téléviseur,
cafetière, voyage, bons d’achat, repas gastronomique, places de
cinéma... Le sort attribua à Marinette
Calmels, l’objet de toutes les convoitises.
Et bien dansez maintenant à Intergénération
Tout a commencé le 21 octobre dernier, une soirée où plusieurs curieux se retrouvaient comme attirés par un élan identique, pour une première immersion dans l’univers vibrant de la danse traditionnelle, dite volontiers « trad ou folklorique ». Elle porte en elle la mémoire des villages, des saisons, des noces et des veillées. Elle circule de génération en génération comme un souffle ancestral, un fil invisible qui relie les êtres. Ici, point de scène ni de projecteurs : cette chorégraphie est avant tout un geste partagé, un cercle qui s’ouvre, une chaîne qui se constitue, une ligne qui avance au même rythme. Elle s’inculque par le regard, par l’imitation, par la joie simple d’être ensemble. « Je reproduis tout ce que l’on m’a appris », confie Joëlle Manenq, la formatrice, ancienne adhérente, depuis l’âge de cinq ans, de la Bourrée de Paris, elle a rapporté en Lozère un savoir patiemment transmis, qu’elle fait aujourd’hui rayonner à travers le projet « Dansons à Fournels »...

