Assemblée générale d’Apicantal : vigilance, transmission et responsabilité au cœur des échanges




Assemblée générale d’Apicantal : vigilance, transmission et responsabilité au cœur des échanges

Pratique millénaire à la croisée de l’agriculture, de l’écologie et de l’artisanat, l’apiculture demeure un pilier essentiel de la sécurité alimentaire mondiale. Dans le Cantal, Apicantal, syndicat départemental des apiculteurs, joue un rôle central auprès des professionnels comme des amateurs.

Ce samedi, l’association réunissait près de 80 adhérents en terre des eaux chaudes, autour d’un thème évocateur emprunté à Louis Pasteur :

« Le hasard ne favorise que les esprits préparés ».

Des personnalités mobilisées autour de la filière

La séance était ouverte par le président Christian Carrier, qui accueillait les personnalités invitées :

Romain Hélard, sous‑préfet de Saint‑Flour,

Frank Alétru, président du Syndicat national apicole et vice‑président de l’Association des Apiculteurs professionnels européens,

Nicolas de Menthières, représentant Fransylva Cantal,

Ainsi que Michel Brousse, maire de la cité thermale, qui a présenté sa commune et ses atouts dans son propos d’accueil.

Une situation financière maîtrisée

Le trésorier a présenté l’exposé financier, approuvé à l’unanimité après la synthèse des deux commissaires aux comptes. Une étape sereine, témoignant d’une gestion rigoureuse de la structure.

Tropilaelaps : une menace aux portes de l’Europe.

Moment fort de la matinée, l’intervention du docteur vétérinaire Christophe Roy a porté sur le risque d’introduction du parasite Tropilaelaps, déjà présent aux frontières de l’Europe.

Son message est clair :

« Grande prudence dans l’achat de vos reines et colonies. Privilégiez les acquisitions locales. » Une recommandation qui résonne particulièrement dans un contexte où les échanges internationaux favorisent la circulation de pathogènes.

Un syndicat solide mais confronté à une lente érosion des effectifs

Dans son bilan moral, le président Carrier a rappelé l’évolution du nombre d’adhérents

475 membres en 2025,

400 à ce jour, en attendant les retardataires et les nouveaux inscrits.

Cette baisse progressive, amorcée en 2020, s’explique en partie par le vieillissement de la population cantalienne, mais aussi par la complexité croissante d’une pratique qui demande rigueur, observation et adaptation.

Le président a alerté sur les dérives d’un internet foisonnant d’informations contradictoires, parfois inadaptées aux réalités locales :

« On ne décline pas à 1 000 m d’altitude dans le Cantal un protocole conçu pour le pourtour méditerranéen. »

Il cite Jean Riondet : « Internet, c’est la fin de l’apiculture de loisir. »

Selon lui, l’apiculture récréative doit rester prudente face aux sollicitations commerciales et aux recettes miracles. Pérenniser un cheptel et espérer des récoltes régulières pour un usage familial relève désormais d’un véritable défi.

Une incompréhension face au vote de la loi “Duplomb 1”

Les apiculteurs cantaliens ont exprimé leur forte déception à l’égard des deux députés du département, qui ont voté en faveur de la loi « Duplomb 1 ».

Un vote jugé paradoxal :

d’un côté, la défense affichée de l’environnement ; de l’autre, l’approbation du retour d’un néonicotinoïde, produit jugé incompatible avec les enjeux locaux.

« L’histoire retient souvent ceux qui sont les premiers à s’opposer aux menaces, rarement les autres », a rappelé le président.

Une conclusion conviviale

Les travaux de l’assemblée se sont achevés dans un climat chaleureux, fidèle à l’esprit d’Apicantal : sérieux dans les enjeux, mais toujours attaché à la convivialité et au partage entre passionnés.





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