Et bien dansez maintenant à Intergénération
Tout a commencé le 21 octobre dernier, une soirée où plusieurs curieux se retrouvaient comme attirés par un élan identique, pour une première immersion dans l’univers vibrant de la danse traditionnelle, dite volontiers « trad ou folklorique ». Elle porte en elle la mémoire des villages, des saisons, des noces et des veillées. Elle circule de génération en génération comme un souffle ancestral, un fil invisible qui relie les êtres. Ici, point de scène ni de projecteurs : cette chorégraphie est avant tout un geste partagé, un cercle qui s’ouvre, une chaîne qui se constitue, une ligne qui avance au même rythme. Elle s’inculque par le regard, par l’imitation, par la joie simple d’être ensemble.
« Je reproduis tout ce que l’on m’a appris », confie Joëlle Manenq, la formatrice, ancienne adhérente, depuis l’âge de cinq ans, de la Bourrée de Paris, elle a rapporté en Lozère un savoir patiemment transmis, qu’elle fait aujourd’hui rayonner à travers le projet « Dansons à Fournels », fort de 80 éléments. Une réussite inattendue, populaire, presque romanesque, pour une discipline qui vit surtout de passion et de bouche‑à‑oreille.
À Intergénération, Martine Fabre, la présidente, a souhaité répondre au désir de plusieurs membres. Après une séance d’initiation, nombre de participants se retrouvent désormais un vendredi sur deux, transformant la salle en un petit théâtre de convivialité.
Joëlle l’affirme avec simplicité : « Je ne suis pas professionnelle, uniquement bénévole. Je m’adapte pour que tout le monde s’implique et passe un bon moment. Et je dois dire que les Caldagués apprennent bien et se motivent, même si certains se montrent dissipés. »
De Jean‑Michel à Pierre, de Colette à Serge, de Bernard à Yolande, voire Martine et Roger… chacun trouve son pas, son souffle, son sourire. On y découvre la bourrée, la valse, quelques pantomimes en ligne, et surtout cette joie discrète qui naît tandis que les corps se répondent et les gestes s’accordent. Ce divertissement à la fois « sportif », culturel et artistique devient alors bien plus qu’un loisir : une petite pédagogie du lien, une esthétique de la transmission, guidé par une animatrice passionnée, bienveillante et généreusement prosélyte.

