Belle soirée cuivre à Anterrieux

 


À Anterrieux, l’accueil s'avère toujours chaleureux. Vendredi soir, malgré une température mordante et un vent bien décidé, la salle des fêtes offrait un contraste saisissant : une atmosphère douce, lumineuse, presque vibrante. Une trentaine de spectateurs s’y étaient rassemblés pour écouter l’Ensemble de saxophones et l’Atelier Impro du Conservatoire de Saint‑Flour Communauté. Lesquels avaient apporté un peu du monde, un peu d’ailleurs. La veillée s’ouvre avec Palladio de Karl Jenkins, œuvre devenue emblématique depuis sa diffusion planétaire en 1993 pour la campagne « A Diamond Is Forever ». Le périple se poursuit avec une Milonga du mélodiste altiligérien William Sabatier, avant une escapade du côté de Cordoba, en Andalousie, qui vient clore une première partie riche en couleurs. Le second set prend un virage jazz. On y retrouve Cantaloupe Island, standard d’Herbie Hancock enregistré en 1964, puis l’élégant Ida Lupino de Carla Bley. Le public découvre également une composition « lueurs papillonnantes sur clapotis du matin » écrite par le « régional de l’étape et maître de cérémonie », Tupac Silva, qui distille une touche personnelle et contemporaine du groupe. Fit passer un courant plus intime, plus proche. Au fil des morceaux, l’assistance voyage entre ici et ailleurs, entre jazz, classique et orchestrations du monde. Les saxophones déploient un univers à la fois duveteux, expressif et joyeux. L’Atelier Impro enrichit sa palette sonore : flûte, violon, bugle, trompette, trombone… autant de timbres qui se mêlent pour offrir une créativité libre, généreuse, sans jamais rompre l’harmonie. Ce soir‑là, la musique avait gagné, repoussé le froid, ouvert des fenêtres vers d’autres horizons, et rappelé à chacun que, même au cœur de l’hiver, il existe des lieux où l’on respire plus large. Où l’on écoute mieux. Où l’on se sent ensemble. Anterrieux a, une fois encore, prouvé qu’elle savait accueillir les artistes comme les auditeurs avec cidre et fouace en point d’orgue.

 




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