Pour des Balades à roulettes



Ce mercredi de juin avait des allures de petite aventure collective. Sous un ciel clair, les représentants des comités de randonnée du Cantal, de l’Aveyron et de la Lozère s’étaient donné rendez‑vous en Caldagués pour découvrir une initiative encore méconnue de certains : les Balades à roulettes®. Un nom simple, presque enfantin, mais derrière laquelle se cache une idée forte : permettre à chacun de profiter des chemins, en fauteuil roulant, en poussette, ou tout bonnement avec un besoin de confort supplémentaire.

Dans le Cantal, une trentaine de parcours sont déjà labellisés. « C’est remarquable, parce que chez nous, ce n’est pas vraiment plat ! » glisse Bernadette Solignac avec un sourire complice. Cette expérience, les autres départements venaient justement l’entendre, la voir, la toucher du doigt.

Pour la Lozère, c’était une première. « On en parlait depuis longtemps, mais sans jamais avoir l’occasion d’échanger avec le Cantal. Là, on veut apprendre sur le terrain, et on est ravis ! » confie Danielle Mouffard, enthousiaste. Même étonnement du côté de l’Aveyron : « Pour nous, c’est une découverte. On faisait précédemment des randos-santé, des randos pour tous… mais cette marque va nous permettre d’aller plus loin dans l’inclusion », explique Raymond Albrecht.

Une Balade à roulettes®, n’est pas un énorme chantier. Elle souhaite un sentier existant, parfois enrichi de quelques aménagements, mais surtout pensé pour être accessible, sans pente, sans dévers, et assez large pour que deux fauteuils puissent se croiser. Une fois le parcours reconnu, une personne en situation de handicap vient le tester, puis la fiche est mise en ligne pour le grand public.

 


Le matin, le groupe a arpenté le jardin d’agrément de la piscine de Chaudes‑Aigues, déjà labellisé. L’après‑midi, direction Lieutadès, au cœur de la tourbière des Vergnes aux Mazes, pour une analyse grandeur nature. Des échanges, des rires, des questions techniques, des regards qui s’ouvrent : la journée avait ce parfum rare des moments où l’on apprend ensemble.

« C’est exactement ce que le Parc naturel régional de l’Aubrac sait faire de mieux », résume Marc Guibert. Mettre autour de la même table — et surtout sur les chemins identiques — des acteurs qui ne se croisent pas toujours, présenter les bonnes idées, et construire un développement harmonieux, au‑delà des frontières administratives. Une manière concrète de faire vivre à la fois un Pôle de pleine nature et la politique d’inclusion portée par la Fédération française de randonnée.