Chœur Diapason sans fausse note.
Sous les voûtes de Saint‑Blaise–Saint‑Martin, le Chœur Diapason fait naître une matinée de grâce somptueuse
Il y a des concerts qui s’annoncent simplement, et d’autres qui s’installent dans une atmosphère avant même que la première note ne s’élève. Ce dimanche, sous les ogives de l’église Saint‑Blaise–Saint‑Martin — ce sanctuaire étonnamment tempéré, réputé pour être l’édifice religieux le mieux chauffé d’Europe — une douceur presque inattendue enveloppait les 63 spectateurs venus découvrir le Chœur Diapason, jeune formation sanfloraine dont on murmure déjà qu’elle ne laisse jamais rien au hasard. Les couleurs des vitraux glissaient sur les pierres, les voix se préparaient, et l’on sentait, avant même que le concert ne commence, cette tension délicate qui précède les instants de grâce.
Le Chœur Diapason n’était pas seul. À ses côtés, le Duo Calderone, composé de Clément Guillemin, trompettiste et directeur musical, Nicolas Saunière, maître de l’orgue, apportait une présence singulière, presque narrative. Leur complicité, palpable dès les premières mesures, donnait au concert une teinte particulière : celle d’un dialogue entre les voix humaines et les souffles instrumentaux, entre l’intime et le majestueux.
Un voyage musical sans frontières
Le programme, volontairement éclectique, invitait à un voyage où les époques se mêlaient sans jamais s’entrechoquer. Le public passait ainsi :des profondeurs sacrées de Tchaïkovski,aux harmonies cinématographiques d’Ola Gjeilo, jusqu’aux envolées chorales de Karl Jenkins...
Ce jour-là, l’église n’était pas seulement un lieu mais un personnage. La puissance des voix, la virtuosité de la trompette, la majesté de l’orgue se mêlaient à l’acoustique « unique » du lieu, créant une sensation rare de communion. On aurait dit que chaque pierre, chaque voûte, chaque ombre participait à l’instant. Les spectateurs, enveloppés dans cette architecture sonore, semblaient écouter autant avec le cœur qu’avec l’oreille.
Un chœur jeune, mais déjà porteur d’avenir
Ce concert n’était pas seulement une réussite artistique : il marquait une étape. Le Chœur Diapason, encore jeune, montre déjà une maturité étonnante, une capacité à lier rigueur et audace, tradition et modernité. Pour la station thermale cantalienne, accueillir l’une des premières grandes prestations de cette formation relevait presque du symbole : celui d’un territoire qui sait reconnaître et encourager l’émergence de nouveaux talents.
Dans le paysage sanflorain, et plus largement cantalien, le Chœur Diapason s’impose désormais comme une voix à suivre, une promesse qui ne demande qu’à grandir.


