Le grand parcours rassemble toujours
Il y a les lambins qui passent de l’un à l’autre et qui discutent un peu comme si le temps s’était arrêté. Il y a un journaliste qui mitraille tout, partout, sans répit, son œil électronique capture plus de cent images et déjà un début de récit dans la tête. Il y a également le râleur patenté qui ne trouve rien à son goût, mais reviendra l’année suivante. Il y a des familles complètes pour cette sortie rituelle. Il y a un espace, celui des pistes, idéal pour ce genre de manifestation. Le club de ski local maîtrise parfaitement son domaine et sait accueillir des centaines de personnes. Ils sont tous là pour l’intendance : préparer l’aligot avec des saucisses pour le midi. Il y a ceux qui tombent amoureux de l’évènement et du plateau. Il y a les vététistes en VAE, de vraies mobylettes, selon un connaisseur amusé. Il y a celui qui a perdu ses lunettes de soleil. Cet autre inquiet pour le retour. Il y a le président du Parc Naturel Régional de l’Aubrac et celui du grand parcours, c’est le même, qui rencontre madame la maire de Saint-Urcize. Il y a l’accordéoniste et le cabrétaire qui jouent depuis plus de deux heures. Il y a le gourmand qui prend trois parts de fouace et boit deux cafés bien sucrés. Il y a les bénévoles d’Intergénération qui pointent d’immenses listes de noms. Il y a ceux qui avaient 50 ans lors du premier épisode et qui désormais entrent dans une nouvelle décennie. Le temps s'enfuit vite. Il y a les pressés, présents dés l’aube, et n’aperçoivent pas le moment de partir. Ils reviennent les premiers. Il y a les curieux qui passent juste pour voir. Il y a ceux qui connaissent les lieux. Il y a les habitués qui saluent tous et toutes. Il y a des ravitaillements inépuisables. Il y a un paysage Aubracien baigné de soleil, balayé d’un fond d’air frisquet ce 6 juin-là. Il y a des élus qui viennent discuter et féliciter les organisateurs. Il y a surtout cet événement, plus de trente ans d’existence, qui rassemble, mélange, bouscule et réunit. Il y a ce rendez‑vous annuel où, quelques heures durant, un véritable melting‑pot humain se met en marche.









