Deux artistes peintres pour un été, rue Saint‑Jacques

 


Comme chaque été, la médiathèque ouvre ses cimaises aux talents de l’atelier intergénération. Cette année, ce sont Mireille et Marie‑Claude qui ont l’honneur d’habiller les murs de la bibliothèque. Lorsque le journaliste arrive, il ne s’attend pas à être réquisitionné pour participer à l’accrochage des œuvres sur « les grilles ». Le voilà pourtant embarqué dans une chorégraphie improvisée avec ces deux dames qui observent, commentent, ajustent… et sourient avec le renfort solidaire de Véro, la médiathécaire.

Très vite, un mystère s’installe. Impossible de savoir qui a peint quoi. Un clown malicieux, une guitare posée comme un souvenir, des paysages enneigés, des jonquilles éclatantes, un perroquet bavard, des poissons multicolores, une fenêtre aux volets bleus, une gondole glissant sur Venise, des gouttes suspendues… Rien ne trahit la main de l’une ou de l’autre. L’interrogatoire tourne court : leurs réponses sont des sourires, leurs silences des complicités. Ont‑elles décidé de se jouer de moi, ou suis‑je simplement incapable de démêler leurs styles ? Je penche pour la seconde option, béotien assumé devant leurs pinceaux.

Elles, en revanche, ne tarissent pas d’éloges sur leur maître d’atelier, Marianne D’Orléans, qui les guide chaque semaine pendant deux heures de pur plaisir. Je tente une autre approche : « Quelle différence entre Sandrine, votre ancienne animatrice, et Marianne ? » La réponse fuse, parfaitement synchronisée, comme si elles avaient répété : « Sandrine préférait l’acrylique, Marianne privilégie l’huile. » Une précision qui, enfin, éclaire un peu le tableau.

Mireille ne peint que durant les séances. Marie‑Claude, elle, poursuit chez elle, dans le calme. Mais pour le reste, elles demeurent soudées, insaisissables, presque malicieuses. Je capitule. Elles ne lâcheront rien.

Alors, à vous de jouer. Allez voir, observez, comparez, devinez. Cherchez à qui appartiennent ces œuvres aux talents affirmés, aux sensibilités différentes, aux styles qui se répondent sans jamais se confondre. C’est peut‑être cela, finalement, le vrai jeu de l’été.

 

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