Que la lumière de Flo Arnold soit !
À une heure du vernissage, chapelle des Pénitents, Florence Arnold nous accueille avec le sourire, une pointe d’humour au coin des lèvres. Elle découvre la région pour la première fois : « Je suis née en Alsace, en France », précise-t‑elle, avant de laisser remonter les souvenirs. Un mois après sa naissance, sa famille quitte la France pour la Côte d’Ivoire. Son père, souvent en déplacement en Afrique pour la construction de barrages, entraîne avec lui son épouse et ses deux filles. Côte d’Ivoire, Cameroun, Algérie : une enfance nomade, faite de départs et de poussière rouge. « Moi, j’adorais bouger », confie-t‑elle. « Pour ma petite sœur, c’était plus difficile ». De ce destin de terre et de rencontres, elle a tiré une identité ouverte, presque sans frontières : une citoyenne du monde. Ce mouvement perpétuel a façonné sa recherche artistique, nourrie de cultures croisées et d’apprentissages glanés auprès des autres.
Cette mobilité entre l’Afrique et l’Europe lui donne une envergure internationale. « Grâce à mes installations, je découvre les régions de France, alors que je vis au Maroc. L’Auvergne, je ne connaissais pas. »
Flo aime travailler dans les lieux de culte. Elle se dit croyante non pratiquante, mais sensible à la charge spirituelle des architectures. Pour la chapelle des Pénitents, elle a imaginé une installation en trois parties, des modules organiques qui invitent le public à déambuler sans jamais obstruer le retable.
Elle privilégie des matériaux légers et raffinés comme du papier de mûrier encollé, un composite vivant soutenu par des armatures en laiton gainé de cuivre. Cette maîtrise technique engendre des œuvres délicates et structurées, où la lumière n’est pas un simple éclairage mais un corps à part entière. À l’intérieur, des LED aux nuances variées composent une brillance presque respirante.
Les trois sculptures, indépendantes, laissent volontairement un intervalle entre elles : une pulsation, un respect du volume de la chapelle. Elles conversent avec l’architecture, s’y inscrivent sans l’envahir. L’immersion est renforcée par l’intelligence musicale d’Antoine Bataille, qui prolonge l’esprit du lieu. « Les espaces de culte inspirent, dit-elle, ils ouvrent des champs d’élévation. Mon travail entretient un rapport à l’ouverture, un espace métaphorique qui relie le passé et l’avenir sans s’y attacher. »
L’interview se déroulait dans une atmosphère légère, ponctué de sourires, de rires, et parfois de mots qui s’échappent du sujet comme des lucioles dans la pénombre.
A voir tous les jours jusqu'au 15 aout de 14 heures 30 à 18 heures 30, entrée libre


